En juillet, une nuée d'hannetons est venu perturber l'organisation de la manifestation nuptiale de la cérémonie de mariage de mon cousin et de sa future épouse : Un tourbillon de bestioles
scarabeïdes et maladroit a obscurci soudainement le ciel et telle une manne céleste s'est emprisonnée dans les cheveux en semant une petite panique. Cette diversion inopportune m'a appaisée et l'
intervention de mon frère Clément - jouant avec les enfants - m'a ravie...
Il fut un temps où cet insecte était haï, comme les romanichels car sa progéniture (ver blanc) se nourrissait de pommes de terre.
Des hannetons dans la corbeille de la mariée/ Une fleur dans les égouts/ Une brindille dans le collimateur/ Une chaussette qui attend sa pair/ Une grêlée d'acné sur un visage juvénile/ Des ongles
noirs sur une main manucurée/ Un ourlet défait/ Un accord faux/ Un balbutiement/ Un désordre passager et chronique ... Tout ce qui fait tache ou désordre me rappelle avec bonheur la vie et son
effroi et ses tremblements.
Les entreprises trop organisées m'ont toujours foutu la trouille. Enfant déjà, mes cheveux s'emmelaient et mon cartable se désordonnait. Adulte, me rassure le bordélique, l'embarrassant, le
chaos du quotidien et la vitalité de certains spectacles comme les mariages.
Il est des visages comme des univers.
Une petite vidéo tournée chez anne-sophie alors qu'elle enregistrait une chanson de Sacha. Un montage mêlant des images de julie, lucie, noémie et marguerite et du musée du Jouet à Bruxelles sur
les paroles de la chanson.
Une certaine nostalgie de l'enfance.
Il est des contemplations silencieuses qui m'émeuvent. Comme celle par exemple de ce jeune homme contemplant une série de tableaux à la Galerie Saatchi
de Londres. J'avoue parfois prendre plus de plaisir à observer mes contemporains en train d'observer les oeuvres que de regarder moi-même les tableaux. Ou du moins, c'est à travers leur regard
que je perçois les peintures. Voyeuse, touchée par la chorégraphie muette qui s'échappe de leurs corps, je leur vole une partie de leur intimité.
Dernièrement pour les dix ans de ma fille Marguerite, j'ai organisé une visite au Louvres, avec cinq de ses amies. Auparavant, je leur avais montré le film de JL
Godard "Bande à part" où les personnages tentent de battre le record de rapidité de visite ( détenue par un américain en 9 minutes 43). Tel était le défi à battre. À cet âge, on ne
s'embarrasse ni du ridicule ni des conventions, ni de l'absurdité du pari. Après une course effrénée dans les galeries du musée, bien vite arrêtées par les gardiens, elles se sont assises, sans
un mot et se sont mises à dessiner à même le sol, sur des bouts de papier déchirés. Un moment de grâce l'emportant sur la beauté des modèles.
Je suis une indécrottable entomologiste...
PS : Quelle est l’amie qui m’a dit que sa cousine était la chef des gardiens du musée du Louvres ? Nous avons besoin d’elle pour pouvoir tourner notre petite vidéo au sein du musée.
Et enfin, si vous ne l’avez pas déjà vu, regardez « Bande à part"!
Cliquer ici pour aller voir l'extrait de "bande à part" link
:
Commode brinquebalante où les tiroirs s'ouvrent sur des petits bouts de rien mélangés à de "grandes choses". Un cabinet de curiosité, de partage et d'archivage où s'exposent des objets du quotidien, du ressenti, des vidéos, des paysages sonores ou spectaculaires ... Un carnet de bord un peu "fatraque" où se côtoient les pages arrachées au magazine "Elle" et les extraits d'Eugène Savitzkaya... Un fourre-tout culinaire où se mélange allègrement l'acidulé de l'intime à l'acidité de l'universel ..